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Berl’Eyes : un outil pour détecter et quantifier rapidement les larves d’altise du colza à l’aide de son smartphone

Terres Inovia, avec la contribution du projet AgroEcoPhen du PEPR Agroécologie et Numérique, lance en mai 2026 l’outil Berl’Eyes, qui permet de compter automatiquement les larves d’altise du colza à partir d’une simple photo. Grâce à l’intelligence artificielle, cet outil simplifie une méthode de comptage jusque-là longue et fastidieuse, et répond à un enjeu majeur pour la filière oléoprotéagineuse.

Un enjeu clé pour la protection du colza

Le colza fait partie des grandes cultures les plus consommatrices de produits phytosanitaires. Parmi ses principaux ravageurs figure la grosse altise. Les insectes adultes consomment les feuilles, tandis que les larves se développent à l’intérieur des tiges, fragilisant les plantes et pouvant entraîner des pertes de rendement significatives. Face à ce risque, la prévention repose en grande partie sur la capacité à détecter précocement la présence du ravageur et à évaluer son niveau d’infestation.

Une méthode traditionnelle contraignante

Le comptage des larves d’altise s’appuie traditionnellement sur la méthode de Berlèse. Elle consiste à placer des tiges de colza au-dessus d’un récipient afin de permettre l’extraction passive des larves après séchage. Les larves tombent au fond du récipient, puis sont comptées manuellement. Cette dernière étape de comptage est particulièrement chronophage et fastidieuse.

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Le test de Berlèse consiste à placer des tiges de colza au-dessus d’une bassine et à compter les larves tombées au fond. © Terres Inovia

L’apport de l’intelligence artificielle

Berl’Eyes simplifie ce processus. Une simple photo du récipient après extraction suffit pour obtenir le nombre de larves en quelques secondes.

L’application utilise un modèle automatique d’identification des larves, entraîné à partir d’environ 500 images annotées sur différentes bassines de récupération et avec différentes quantités de larves. Un travail de standardisation des prises de vue a aussi été réalisé pour garantir des résultats fiables.

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Capture d’écran du résultat du nombre de larves identifiées par l’outil Berl’Eyes. © Terres Inovia

Un comptage automatisé au service de l’agroécologie

Berl’Eyes constitue un exemple concret de l’apport du numérique pour le phénotypage de ravageurs et la contribution à des solutions opérationnelles pour la transition agroécologique.

En automatisant et en accélérant le comptage des larves, l’outil facilite l’accès à des données sur l’altise et soutient la mise au point de nouvelles stratégies de lutte contre ce ravageur : sélection variétale, évolution des pratiques culturales ou encore optimisation des produits de protection. Berl’Eyes fournit également un indicateur clé pour la prise de décision dans la gestion des altises, contribuant à un pilotage plus précis des interventions, avec des traitements mieux ciblés et potentiellement moins fréquents.

L’outil s’inscrit ainsi pleinement dans les objectifs de la transition agroécologique, en contribuant à une gestion plus raisonnée des cultures et en répondant aux attentes de la filière oléoprotéagineuse.

Les perspectives incluent la distinction des stades larvaires de développements, la reconnaissance réglementaire de la méthode, l’observation cartographique pour alimenter les bulletins d’épidémio-surveillance et la reconnaissance d’autres espèces d’insectes ravageurs directement au champ dont la grosse altise.

Un développement porté par plusieurs projets de recherche

Berl’Eyes a été initié par le projet RESALT (porté par INRAE, Innolea, Terres Inovia et dix obtenteurs), dans le cadre du plan de sortie du Phosmet, avec un financement par le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire via le fonds CASDAR, ainsi qu’un soutien de la filière des huiles et protéines végétales via le fonds FASO de Sofiprotéol. Le projet RESALT a permis de développer une première version du modèle et de l’application, de valider la preuve de concept et de réaliser les premières acquisitions de données.

Par la suite, le projet AgroEcoPhen du PEPR Agroécologie et Numérique a contribué à son évolution en mobilisant les compétences de l’infrastructure de phénotypage Phenome-Emphasis et en finançant les développements permettant de mettre à jour et diffuser le modèle. Ce soutien a notamment permis d’améliorer les méthodes d’entraînement du modèle, d’enrichir les jeux de données et de mettre à jour l’infrastructure informatique de l’application web.

Accès à l’outil et lancement officiel

L’outil est accessible librement en ligne : https://berleyes.terresinovia.fr/

Le lancement officiel aura lieu le 21 mai 2026, à l’occasion d’un webinaire d’information organisé par Terres Inovia, de 13h30 à 14h. Pour vous inscrire : https://www.terresinovia.fr/fr/evenements/berleyes-un-outil-pour-mieux-detecter-les-larves-daltises-grace-lintelligence